Ce spectacle a été le dernier créé par Maurice Béjart, pour ses 35 danseurs de toutes nationalités, et sur un thème cher au chorégraphe, qui est aussi humaniste, philosophe, érudit, toujours intéressé par un monde pluriel qui le fascine.

Si Maurice Béjart reprend ici l’idée du voyage autour du globe cher à Jules Verne, il s’en éloigne pour y insérer ses propres souvenirs des pays qu’il a sillonnés.

Le terme de démocratisation vient à la bouche. Mais une démocratisation qui passe par le métissage et le cosmopolitisme. Béjart aime toutes les formes de spectacle et ça se voit. Ses ballets portent le souffle des autres arts. Ecrivains, chanteurs et compositeurs ont été bon nombre de fois des sources d’inspiration fécondes. Son oeuvre est un énorme bouillon de cultures engageant le dialogue des civilisations. Pierre Boulez observe chez lui “la transgression des cultures : le refus de se laisser cerner par le seul Occident, la curiosité, jusqu’au vertige de se rendre perméable aux ailleurs.” Avec une troupe de danseurs brassant les nationalités, le chorégraphe touche au Kabuki et au Nô japonais, aux mythes hindous, au flamenco, aux légendes arabes, aux ruines persanes ; il s’inspire aussi bien de Wagner que des Stones, de Shakespeare que d’Artaud, de Salomé que de Nijinski.

En conclusion : un magnifique spectacle au cœur des civilisations !